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Photographie présentée dans la cour de l'exposition "Toujours la vie invente" à St Benoît du Sault (Indre) - Gilles CLEMENT

Tandis que l'animisme situe l'humain dans un rapport d'équivalence avec les autres êtres vivants, la "civilisation moderne" le tient à distance. [...] Le mot "environnement" utilisé pour désigner ce qui nous entoure suppose que l'humain n'appartient pas à cet ensemble, il se situe en deçà, au-dessus, ailleurs et non avec. Le Ministère de l'Environnement - ministère des alentours - voit le vivant et son paysage comme un ensemble complexe soumis à l'analyse afin d'être mesurable, nullement comme l'espace de vie au sein duquel l'Homme, au même titre que tous les autres êtres vivants, se trouverait immergé. [...]

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Pour parvenir à engager sérieusement une politique de survie de l'humanité sur Terre il faut, en effet, descendre d'un observatoire artificiellement dressé au-dessus de la Nature considéré comme territoire d'expérience, de maîtrise et de marché. Il faut s'immerger, s'accepter comme être de nature, réviser sa position dans l'univers, ne plus se placer au-dessus ou au centre mais dedans et avec.

Gilles CLEMENT - L'alternative ambiante (extrait)

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Jardin "Saute qui peut !" - Festival des jardins de Chaumont sur Loire - 2013

Au cœur de ce jardin, laissez-vous surprendre pour mieux plonger. Des plantes spontanées, communes, mais méconnues, vous offrent une palette d’émotions et de sensations à découvrir. Végétation luxuriante, odeurs abondantes, tentations déroutantes pour les papilles, feuilles caressantes, mais aussi collantes et même piquantes. Dans ce jardin exubérant, chaleureux mais malicieux, soyez vigilants ! Au gré de la promenade, des signes ambigus se dévoilent : un pédiluve et des casiers vous invitent à vous déchausser, une douche dissimulée fait résonner son goutte à goutte, une chaise haute et des vêtements apparaissent soudainement, délaissés, et gare au crocodile tapi dans les taillis…

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La piscine du jardin, avec ses bambous et son parasol, son palmier et son cocktail, incite au défi : bien courageux celui qui pourrait plonger dans sa mer d’orties, malgré la beauté des iris et la senteur fraîche de la menthe aquatique. Qui s’y frotte s’y pique ! L’union de ces multiples végétaux, à la fois piquants, frais et parfumés, provoque la sensation vivace d’un frisson prolongé. La promesse d’une baignade s’estompe alors, mais l’immersion reste immense parmi cette flore curieuse, vous faisant frissonner de plaisir ou agaçant vos sens. (Texte de présentation du Festival)

Jonathan ROUVILLOIS, architecte, Julien LAMOUREUX, arboriste grimpeur, Louise PRULIÈRE, scénographe et Claire TANGUY, botaniste