Des fenêtres, mon regard a dérivé sur les balcons, les sculptures, les porches. Le seul métier qui m'aurait plu c'est l'architecture, rêver des constructions, les voir prendre forme mais c'est si loin de nous, de tout ce qu'on connaissait chez moi.

P1060714

A la BU (bibliothèque universitaire), je me plongeais dans les ouvrages d'archi. Je me perdais dans les frontons, les voussures. [...] J'aime les mots de ce monde-là. Ils sont toujours associés pour moi aux pierres, la nuit.

P1060647

Les mots et les pierres ensemble c'est ma réserve secrète. Je marche dans les mots inconnus comme dans des rues étrangères et j'aime ça. Frontispice pilastre modillon.

P1060666

NANCY - Maisons de lotissement de la rue Félix FAURE - Maison de l'architecte Lucien WEISSENBURGER (1903-1904) avec des ferroneries de Louis MAJORELLE et des vitraux de Jacques GRUBER - Modillon et mascaron sur la façade du Palais des Ducs de Lorraine.

Jeanne BENAMEUR - Les insurrections singulières

D'octobre 2005 à novembre 2006, j'ai rencontré les ouvriers d'Arcelor-Mittal à Montataire et ceux de Godin à Guise ; c'est au cours de "cafés de paroles" initiés par le collectif La Forge. Y était questionné ce qu'était le travail aujourd'hui. (...) J'ai été touchée par ce qui se disait, par la lucidité terrible de ceux qui voyaient bien que le travail avait perdu toute valeur, que les hommes ne comptaient simplement plus. J'ai été touchée par la détresse et la dignité, par la colère et tout ce qui ne parvenait pas à se dire. A la suite de chacun de ces rendez-vous j'ai écrit un texte qui était remis aux participants la fois suivante. Et ainsi se tissait au fil du temps, entre nous, un lien. Celui des mots.
A la dernière rencontre, l'un des participants a dit : "Et maintenant, où on va parler ?"

DIMANCHE, VOS TONS ...