Yémen - été 2004 001

P1080413

P1080394   P1080461

P1080421   P1080401

Yémen - été 2004 029

De retour de Chaumont, je laisse venir les images, les associations d'idées, pèle-mêle ...

Souvenirs du Yémen, il y a 11 ans ; Sanaa une ville magnifique alors inscrite au patrimoine mondial, aujourd'hui certainement détruite ; des visages croisés, ceux des enfants dans les villages de montagne, l'hospitalité des habitants, les timides sourires des femmes plus ou moins voilées.

Le Proche et Moyen Orient à parcourir grâce à ces 3 formidables émissions, où il est question de l'incroyable effervescence de la civilisation mésopotamienne, au Nord du golfe persique, et du laboratoire de l'invention d'une langue ... (Je ne tricote pas idiot).

La naissance d'une langue, écrite en l'occurence, l'émergence de l'écriture, c'est toujours mes sujets d'étude ... Alors, je saute sur une autre pierre pour traverser l'été, et vous livre ces lignes de Marguerite DURAS, extraites de La pluie d'été, un court roman que j'ai adoré !

La mère a oublié la langue de sa jeunesse. Elle parle sans accent comme les populations de Vitry. Elle se trompe seulement sur les conjugaisons. Il lui reste de son passé des consonances irrémédiables, des mots qu'elle paraît dérouler, très doux, des sortes de chants qui humectent l'intérieur de la voix, et qui font que les mots sortent de son corps sans qu'elle s'en aperçoive, comme si elle était visitée par le souvenir d'une langue abandonnée.

P1080464

Et voilà les ocres, les roses et les verts de Chaumont, jardin déserté de ses touristes, une demi-heure avant la fermeture ...

Quelquefois, la mère se mettait à chanter exprès pour ses enfants, la berceuse russe, La Neva. La mère ne savait presque plus rien des paroles de La Neva. Alors le père reprenait le chant en faux russe. C'est alors que la mère à son tour criait de rire et que les enfants qui ne connaissaient ni le vrai ni le faux russe criaient de rire à leur tour. Quand les voisins arrivaient pour voir ce qui se passait dans cette famille nombreuse, à leur tour, de les voir, ils riaient.

C'étaient ces moments-là, quand la mère entrait dans le jeu avec la berceuse que les enfants et le père atteignaient les moments de leur plus grand bonheur.

D'autres camaïeux à venir ...